Êtes-vous un investisseur averti?

Nous avons récemment constaté un intérêt accru pour la pleine conscience, même si le concept en soi remonte à des milliers d’années. Essentiellement, un être averti vit dans le moment présent et est très conscient de ses pensées et de ses émotions; par contre, il n’agit pas en fonction de ces pensées et de ces émotions, bien au contraire. Une personne avertie fonde ses décisions sur des compétences cognitives et une perspective rationnelle plutôt que sur des émotions. Par conséquent, la pleine conscience peut s’avérer très utile lorsqu’elle prend des décisions de placement.

Deux des émotions ou des tendances le plus souvent associées aux placements sont la peur et la cupidité. Voyons comment ces émotions peuvent influer sur le comportement des investisseurs.

  • Lorsque les investisseurs sont craintifs... Leur plus grande crainte est de perdre de l’argent. Comment ont réagi bon nombre d’investisseurs durant la forte baisse des marchés entre la fin de 2007 et le début de 2009? Ils se sont mis à vendre leurs placements et à se tourner vers les liquidités. Cependant, les investisseurs avertis, confrontés à la même situation, y ont plutôt trouvé une occasion d’achat potentielle. En faisant fi de la crainte de perdre de l’argent, ils ont reconnu la possibilité d’acheter des placements de qualité à des prix attrayants. Leur patience, leur perspective à long terme et leur refus de laisser la peur dicter leurs décisions ont été récompensés, car 10 ans après que le marché eut touché le fond en mars 2009 (selon la moyenne Dow Jones des valeurs industrielles), il avait bondi d’environ 300 %. Le rendement passé du marché n’est pas garant de son rendement futur.
  • Lorsque les investisseurs sont cupides… Il suffit de remonter à quelques années avant le marché baissier de 2007 à 2009 pour voir un exemple classique de cupidité dans le monde des placements. De 1995 au début de 2000, les investisseurs se sont rués sur presque toutes les entreprises qui avaient un « point com » dans leur nom, même celles qui n’avaient aucun plan d’affaires, aucun actif et, dans certains cas, aucun produit. Pourtant, la hausse des cours boursiers de ces entreprises a incité de plus en plus d’investisseurs à acheter leurs actions, ce qui a créé un cercle vicieux alimenté par la cupidité : la demande accrue a fait grimper les prix, ce qui a dopé la demande. Toutefois, la bulle a éclaté en mars 2000 et, en octobre 2002, l’indice boursier NASDAQ dominé par la technologie avait chuté de plus de 75 %. En outre, comme certaines de ces entreprises ont non seulement perdu de la valeur, mais aussi fait faillite, de nombreux investisseurs n’ont jamais récupéré leur mise.

Pour éviter les conséquences négatives de la peur et de la cupidité, prenez les mesures suivantes :

  • Connaissez vos placements. Assurez-vous de comprendre dans quoi vous investissez et de connaître les paramètres fondamentaux. Par exemple, quelle est la qualité du produit ou du service? L’équipe de direction est-elle compétente? Quel est l’état du secteur? Le cours du titre est-il juste ou surévalué? Mieux vous êtes informé, moins il est probable que vous partiez à la chasse aux placements « à la mode » ou que vous abandonniez vos bons placements.
  • Rééquilibrez au besoin. Si vous avez décidé que votre portefeuille doit contenir des pourcentages donnés d’actions, d’obligations et d’autres instruments pour vous aider à atteindre vos objectifs et à respecter votre tolérance au risque, tenez-vous-en à ces pourcentages et rééquilibrez votre portefeuille au besoin.
  • Continuez d’investir. Les hausses et les baisses sont des caractéristiques normales du contexte des placements. En continuant d’investir régulièrement au fil du temps, vous pouvez réduire les conséquences de la volatilité sur votre portefeuille. N’oubliez pas que l’investissement systématique n’offre aucune garantie de profit et ne protège pas contre les pertes. Vous devez tenir compte de votre volonté de continuer à investir lorsque les cours boursiers sont en baisse.

Il n’est pas toujours facile d’être un investisseur averti et d’éviter de laisser les émotions dicter vos décisions, mais le jeu peut en valoir largement la chandelle.

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